« Où ils ont fait un désert, ils disent qu’ils ont fait la paix »

Xavier Darcos est débarqué par Nicolas Sarkozy. En tant que ministre poids lourd du gouvernement depuis 2007, c’est lui qui, parmi les 8 ministres mis en échec aux régionales, est censé représenter l’accusé réception du vote sanction.

L’annonce non officielle a été relayée amèrement par son entourage. Hier, dès 18h13 sur France Info, il était décrit comme une « victime expiatoire » du sarkozysme renâclé, le « bouc émissaire » désigné pour une branlée aussi mémorable que collective. Bref, il était l’animal sacrifié sur l’autel gouvernemental pour apaiser les dieux d’une démocratie grimaçante.

Dans un flash du Figaro de 19h12, l’ex ministre rappelait pourtant (avec un bâton entre les dents) toute sa confiance envers le Président de la République. L’idée de lui tirer un coup de saton dans les parties génitales a du être rapidement maîtrisée (il aurait atteint la tête).

Le matin même encore sur RTL et visiblement irrité, la tentative d’exorcisme valait au ministre de déclarer :

Je crois qu’il [Nicolas Sarkozy] sera content de voir qu’en Aquitaine nous avons contenu la progression socialiste… Cessez de parler d’échec […] je considère qu’on a fait le boulot. Si je frôle les 30% dans une triangulaire, c’est un très joli score.

Mouais. Il était donc viré  au crépuscule de ce matin là pour avoir pris une déculottée de premier plan avec l’un des pires scores ministériels, en dessous de la moyenne nationale déjà calamiteuse.

C’est le prix à payer pour sa fidélité au Président de la République, mais plus avant encore, à sa fonction. Et c’est bien plus à l’Etat que Xavier Darcos se montre fidèle qu’au matamore à talonnettes. Il aura au moins refusé le maroquin de l’infâme en ne succédant pas à Eric Besson au ministère des charters.

:: Un ministre en Périgord ::

La question n’est pas tant celle du désaccord ou accord avec la politique nationale menée par le ministre. Encore moins de le vomir au nom d’une idéologie monoculaire et pseudo progressiste qui n’a rien a envier aujourd’hui aux systèmes de classe du XIX° siècle, tout en se faisant l’héritière incestueuse des valeurs inverses.

Car pour l’heure, le Périgord perd un ministre, comme autrefois il a perdu Henri Léonard Bertin (1720-1792) Pierre Magne (1806-1879) et plus tard Yves Guéna (1922- ). Aucun de ces hommes n’a eu dans l’idée, aux plus hautes fonctions de l’Etat, d’ignorer leur terre d’origine.

Chacun amena en Périgord un fruit rapporté de Paris. Et si l’on dit la terre périgourdine fertile en ministres et hommes d’Etat, force est de constater qu’aujourd’hui le Périgord entre en période de disette.

On ne peut méconnaitre en politique l’intérêt de fréquenter les rois pour sa propre maison. On ne peut ignorer aussi en l’homme d’Etat, l’ambassadeur de ses origines. Soit, cela ne fait pas tout, mais cela ne gâche rien. Le besogneux bourgmestre, arpentant chaque jour les rues de sa ville, espérant compenser l’inefficace par son taux de présence, est amputé de ce que l’écho est au verbe.

Chaque homme d’Etat au Périgord, comme ses poètes et ses voyageurs, a proposé de sortir de l’entre soi, de la tendance au repli et à la répétition. Chacun à sa manière, avec plus ou moins de succès et de visibilité. Mais certainement plus que dans la consanguinité coutumière tendant aux baronnies électives du moment, réduisant le Politique à une stricte logique partidaire.

Les héritiers entretenus dans les collectivités locales en attendant de décrocher un mandat ne le diront pas mais ils le savent. Si ce n’est pas nécessairement par l’envergure que l’on acquiert la fonction, la fonction oblige à une certaine épaisseur. C’est de cette épaisseur entre autre dont est privé aujourd’hui le Périgord. Le champ vient de se rétrécir un peu, à proportion de l’éloignement du centre induit par l’absence d’homme d’Etat. Il y en aura d’autres; un jour.

:: Les dépouilles en politique ::

Pour l’heure, les détracteurs du ministre feront entendre leur orgasme de substitution, jouissant en solitaire de cette annonce, tant il n’est plus seulement un adversaire politique mais une incarnation du mal, une marionnette du grand Satan capitaliste. Quitte à ce que cela ne change rien à la politique gouvernementale, c’est un détail dévoilant ainsi leur véritable motivation.

Ceux là ne voudront pas comprendre le sens de ce texte, qui n’est pas un éloge de l’homme, mais qu’importe.

La danse du scalp des apparatchiks haineux peut battre son plein. La dépouille ministérielle est déjà jetée en pâture comme une victoire contre le capitalisme mondial.

Par exemple, aujourd’hui dans Sud Ouest les commentaires du maire PCF Francis Colbac à Trélissac :

Après un désaveu électoral aussi massif, cela me paraît assez normal

Francis Colbac conclut par : je ne suis pas sûr que le gouvernement de la France perde un élément indispensable.

La leçon a de quoi surprendre. Epinglé pour ses manœuvres électorales son élection fut annulée par le Conseil d’Etat en 2008. Réélu à la gouaille d’un sous Chavez de boulevard et soutenu par les barons locaux défendant un des leurs, il fut stipendié récemment par le président du Conseil Général comme un fin amateur de « propagande soviétique » (sur le ton de l’humour bien sur).

La commune qu’il gère depuis plus de 20 ans est une habituée de la Chambre Régionale des Comptes, comme la ville la plus mal gérée du bassin périgourdin. Résultat, une commune lourdement endettée (2 fois supérieur à la moyenne), une fiscalité écrasante et un urbanisme désastreux à force d’une proximité boiteuse avec les faucons canards du néolibéralisme local.

Fermons la parenthèse de ce quasi fonctionnaire de la décentralisation, icône d’un nouveau féodalisme territorial accroché aux deniers publics comme la couenne à la viande.

Il est de ces spadassins de l’Injustice qui tirent à blanc de peur qu’en l’atteignant elle ne s’effondre, emportant avec elle une rente facile.

#RégionalesAquitaine2010 / Twitter: un 2.0 en forme de 0.2 beta test

Depuis le mois de décembre, nous observons comment les candidats aux régionales d’Aquitaine communiquent sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, ces outils ont été intégrés à leur stratégie de communication. Rappel: le principal objectif est de gagner des électeurs. A défaut il s’agit de ne pas en perdre ou de donner l’image d’un candidat déphasé. Dès qu’il y en a un cela devient quasiment une contrainte pour les autres d’y aller aussi. Et c’est comme les auvergnats, tant qu’il y en a un ça va…

Le 14 février, Hervé Pargue a mis en ligne sur pargatruk.com une étude des sites web PS et UMP ainsi que quelques observations acerbes concernant leur présence sur les réseaux sociaux. Il leur prodigue finalement quelques conseils que les candidats ne devraient pas manquer.

Sa conclusion est sans appel :

En fait, les candidats ne sont présents que parce qu’en cette année 2010, la dictature du médiatiquement correct contraint chacun à être présent sur les médias sociaux. Mais la démarche s’arrête là : y être. Pour faire comme les autres. Sans réfléchir, surtout, à une stratégie innovante d’utilisation des plateformes. Alors, dira-t-on, cette élection 2010 aura été la 1ère à voir les candidats investir massivement les médias sociaux. Ils essuient les plâtres et ne peuvent que progresser. Moui, peut être. Quoique à bien y regarder … le web existe en France depuis une bonne grosse douzaine d’année (1997). Depuis toutes ces années les sites de candidats auraient pu / dû s’améliorer. Quand on voit la piètre qualité de la cuvée 2010, on est en droit d’être septique.

Il faut insister sur le fait que les candidats auront fait les 2/3 de la campagne électorale sans avoir mis à disposition leur programme politique. Ce dernier apparait ainsi comme second dans les priorités de communication, alors que pourtant, il est le socle même sur lequel est censé s’appuyer le choix électoral. Signe des temps, on aura eu toutes les dates jusqu’au moindre rendez-vous sur le marché de Levignacq, mais il aura fallu attendre les dernières semaines pour découvrir leurs projets.

Pour ce qui nous concerne, nous observerons ici plus en détail les candidats aquitains sur Twitter durant le mois de février. Où en sont-ils ? Comment progressent-ils ? Comment communiquent-ils ? Bref, comment intègrent-ils l’outil à leur stratégie de communication au fur et à mesure de la campagne ?

:: La présence des candidats ::
Au crible de SiteVolume il est possible de voir combien de fois un terme a été utilisé. Le nom des candidats existe apparemment dans un circuit assez intimiste. La comparaison avec le nom de Xavier Darcos en tant ministre est assez intéressante.

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On peut noter le contraste entre Jean Lassalle pour le Modem (?) et Monique de Marco pour Europe Ecologie. La visibilité de cette dernière sur le réseau est quasi nulle. Est-ce un déficit d’image ou bien est-ce parce qu’EE fait une campagne collective au contraire des autres candidats qui misent tout sur leur nom propre ?

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:: L’évolution du nombre d’abonnés ::

Il serait faible de dire que les courbes ne sont pas flatteuses. En nombre d’abonnés (200) le PS devance largement ses concurrents, bien qu’il demeure relativement confiné. L’UMP avec 44 abonnés est actif (162 tweets) mais souffre de s’être lancé sur Twitter à la fin du mois de janvier.
Ce qui peut paraitre étonnant (à première vue) est la stagnation (70 abonnés) d’EE durant tout le mois de février. Ce n’est pourtant pas faute de communiquer (90 messages). Sur ce point nous étions dans l’erreur la dernière fois en supposant que le Modem serait derrière EE au regard des contenus envoyés (99 abonnés), des liens FB sans commentaires. Les principales données via TwitterCounter:

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Enfin il faut minorer encore le nombre d’abonnés qui semblent réellement suivre un candidat. Une part non négligeable les suit tous, visiblement par curiosité ou en tant qu’observateur. Proportion non négligeable, une trentaine en tout suit plusieurs candidats à la fois (Twiangulate).

:: La méthode et l’usage de l’outil ::

A juste titre, le relatif échec rencontré par les candidats provient de leur usage de l’outil. Un classique Top/Down servant essentiellement d’agenda et de relai pour des liens Facebook. On note quelques efforts dans la manière de s’exprimer, mais hors d’un usage complet des fonctionnalités possibles. Peu ou pas de Retweets, de Htags et de Reply. Les statistiques ci-dessous permettent de mesurer la très faible utilisation de ces fonctionnalités (sur un échantillon de 50 tweets) et leur résonnance sur le réseau (Tweetreach).

Deux repères et deux comptes bien utilisés pour comparer. Anne Hidalgo (3540 folowers) et Nathalie Kosciusko-Morizet (40 232 followers).

Anne Hidalgo

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Nathalie Kosciusko-Morizet

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Monique de Marco

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Alain Rousset

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Xavier Darcos

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Jean Lassalle

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L’absence d’utilisation des ces fonctionnalités est directement corrélée au niveau d’interaction sur le réseau. Plus les interactions sont faibles, plus les probabilités de rencontrer des abonnés baissent. Évidemment cela comprend des exceptions. On ne saurait mesurer ces principes à la présence du Dalaï-lama qui totalise plus de 132 000 abonnés depuis le 11 février 2010…

:: Followers/Following ::

Dans un réseau essentiellement horizontal, cette communication académique ne rencontre pas le succès, car les candidats ne rencontrent pas les utilisateurs. Leur statut de candidat à une élection locale est largement insuffisant pour générer un intérêt de masse traduit en nombre d’abonnés. Configuration classique donc, moins il y a de following, moins il y a de followers. Là encore cette règle n’est pas intangible, mais s’applique aux candidats aquitains avec une certaine sévérité.

Le désintérêt que les candidats manifestent pour les autres utilisateurs se traduit par une indifférence réciproque :

Monique de Marco: 13 following / 70 followers (créé le 05/01/10)

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Jean Lassalle: 66 following / 100 followers (créé le 07/01/10)

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Xavier Darcos: 12 following / 44 followers (créé le 29/01/10)

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Alain Rousset: 55 following / 199 followers (créé le 11/09/09)

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Ce « twittocentrisme » n’est pas l’unique cause de l’indifférence que ces candidats suscitent globalement mais en fait certainement partie. Truisme visiblement non intégré au niveau de la stratégie de communication, dans « réseau social », il y a « réseau » et il y a « social ». Les candidats ne s’intéressant qu’à eux-mêmes, ils demeurent seuls ou presque, isolés en tout cas, dans une communication à sens unique.

Nous tirerons le bilan de cette campagne après les élections. Pour l’heure et malgré quelques efforts dans certains cas, il semblerait qu’il n’y ait ni méthode ni objectif précis. Autrement dit on présume une absence de stratégie visant ce réseau social, ce qui laisse dubitatif quant au concept même de communication politique en période électorale.

:: Innovation du mois: QR Code ::

Le mois de janvier était pour le PS avec la proposition d’une application Iphone pour la campagne. Mais le mois de février a vu la réponse de l’UMP qui modifié son site en profondeur. Il n’y avait que des bonnes raisons à cela, a fortiori avec le candidat Modem qui en avait proposé un clone.

Dernière touche en date, la tête de liste pour la Dordogne, Jérôme Peyrat, vient de se mettre au QR code. Sur l’affiche ci-dessous, le candidat code un message mais lequel ?

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Sauf erreur, ce n’est ni plus ni moins que l’adresse du site de campagne. Et oui, tout ça pour ça. Pour mémoire, ce type de cryptage en deux dimensions permet d’intégrer plus de 7000 caractères, permettant de compresser des informations déchiffrables avec un mobile par exemple. En terme de décoration pour fournir une URL, ça reste hésitant.

:: Coup de chapeau ::

Il faut noter localement le travail accompli par des étudiants en journalisme de l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) qu’on peut suivre via leur compte Twitter. Ils apportent des infos qu’il n’y a pas ailleurs (en suivant meetings et réunions) dans un style incisif et souvent plein d’humour. C’est l’autre regard sur la campagne, pertinent, frais, impertinent.

Extrait :

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Allez, on espère que le niveau d’abstention ne ressemblera pas à ça. Rendez-vous au mois d’avril pour le bilan définitif de ces candidats sur Twitter qui restent pour l’instant bien twittocentrés.

qrcode

Aquitaine, les régionales sur Facebook

Il y a peu nous avons jeté un œil sur la façon dont les candidats aux régionales Aquitaine utilisaient Twitter dans le cadre de la campagne. Il manquait à relever les compteurs sur FacebookFB– pour clôre l’observation du mois de janvier.
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C’est un tweet de Jean Lassalle, le candidat Modem, qui a alerté mon attention le 1er février:

est honoré d’entrer au top 100 des politiques sur facebook… et désolé de voir deux aquitains en sortir…

La phrase indique une double satisfaction, bien que la seconde partie soit en creux. Il l’indique donc doublement en la communiquant sur sa page FB.

:: Over the Top ::

Mais la déclaration à de quoi étonner à plusieurs titres.

C’est tout d’abord la satisfaction, mieux, un honneur d’être dans le top 100 FB. A l’issue des résultats d’un institut de sondage on peut comprendre. Mais c’est dire ici la place que commence à occuper FB et l’influence grandissante que ce réseau acquiert.

Le second c’est la crédibilité que l’on donne a priori à ce classement que l’on veut fiable. Non en terme de mesure, mais en terme de critère de sélection. A examiner de près ces critères, il semblerait que la satisfaction de Jean Lassalle dénote un enthousiasme prématuré.
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:: FB top 100: baromètre de l’opinion ? ::

Les responsables de ce travail se veulent comme un nouveau baromètre de l’opinion. Comme ils l’expliquent, ils n’ont retenu qu’un critère parmi les trois « états » possible de FB : « rejoindre » « ami » et « fan », impliquant des fonctionnalités différentes. Seul le dernier a été retenu sur des critères subjectifs :

En effet, il est très facile de se dire « amis » avec tel ou tel homme ou femme politique tandis que le fait de se déclarer « supporter » nécessite une démarche plus volontaire et plus engageante.

Ce classement était hébergé par le blog MonTours.info de Christophe Becker, avant de migrer vers une adresse dédiée. Un passe-temps qui prenait en compte au début toutes les personnalités politiques et qui s’est précisé empiriquement.

Le travail est non professionnel et cela n’est pas dissimulé :

Notre classement, sans se prendre au sérieux, se veut un complément aux enquêtes d’opinions et aux sondages plus classiques.

Sans gâcher la joie du candidat Modem il faut rappeler que ses concurrents ont non seulement des « pages » approchant le millier d’abonnés mais en plus un compte « amis » comptant autant et plus de contacts. Au final, le candidat est derrière le PS et l’UMP, au coude à coude avec Europe Ecologie.
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Les critères et la partialité de ce classement n’ont qu’une valeur relative au point même que de dernier on peut devenir premier. Une sorte de comptabilité de chambre consulaire. Si l’on veut s’en convaincre, on peut consulter le top 50 2009 des entreprises sur FB. Les critères sont multiples et la quantité seule n’est pas déterminante. Et si Coca-Cola arrive premier, ce n’est pas du fait de quelques « fan » épris de boisson gazeuse. Au cas où, le 2° est Starbucks et le 3° Disney. La désintermédiation réoriente une part du budget com’ à la recherche de nouveaux consommateurs. A l’issue de ce type de classement, il y a en jeu plusieurs millions de dollars.

:: Information pour « le journal » ? ::

Plus surprenante encore est cette crédibilité accordée de fait et que l’on voit reprise par les journalistes, comme c’est le cas pour Le Journal du Pays Basque ou l’Express.  Outre la méthodologie employée, le classement créer une illusion de baromètre. Il faudrait déjà établir le lien de causalité entre la température politique, l’opinion, et le nombre d’abonnés. Entre cliquer pour exprimer un sentiment positif ou d’appartenance et cliquer pour s’abonner à un flux d’information, il y a une différence que n’exprime pas la mesure de la quantité. Ce n’est qu’un variable parmi d’autres.
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L’intérêt de ce classement est donc plus dans la valeur (symbolique) qui lui est accordée que dans l’information qu’il produit. Mais c’est un premier pas d’envergure qui tient FB en mass média et qui l’inscrit en grille d’observation de la vie politique dans la démocratie d’opinion. Et si avec une certaine immaturité, les politiques courent après les « fan » pour figurer dans ce classement, il ne fait aucun doute que la mesure et l’observation de cette « compétition » sera prochainement analysée avec bien plus de profondeur.

:: Les candidats sur FB ::

Sur FB, les candidats ont une tendance à l’inflation. Ici un groupe, là une page, ici pour son profil et là pour son parti et enfin pour la campagne électorale, etc. Je ne saurais avancer que ces choix relèvent d’une stratégie précise, en tout cas je ne la lis pas clairement.

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L’UMP

L’Aquitaine avec Xavier Darcos – Régionales 2010. Fans: 281
Xavier Darcos pour l’Aquitaine. Membres : 770
Xavier Darcos. Fans : 881
Xavier Darcos. Amis : 1597

Le PS

L’Aquitaine – Alain Rousset 2010. Fans : 923
Alain Rousset. Amis : 2076
Alain Rousset. Fans: 69

Le Modem

Mouvement Démocrate – Modem Aquitaine. Membres : 189
Jean Lassalle – Candidat à la présidence de la Région Aquitaine. Membres : 473
Jean Lassalle. Fans : 1054
Jean Lassalle. Amis: 4

Aquitaine Ecologie

Europe Ecologie Aquitaine. Membres : 121
Europe Ecologie Aquitaine. Amis : 558
Monique de Marco. Amis : 1016
Monique de Marco. Fans : 356
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Entre le parti, l’équipe et la tête de liste les approches sont différentes. La question serait de savoir si les candidats utilisent vraiment les différents statuts relativement à leurs fonctionnalités, ou s’ils créent des pages au gré de leur feeling du moment. Il faudrait adresser quelques questions aux divers staffs à la fin de la campagne, ce n’est pas exclu.

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:: Pour conclure ::

Terminons par là où nous commencions. Jean Lassalle vient tout juste d’annoncer le lancement de son site de campagne (mieux vaut tard que jamais), soulignant ainsi la différence avec le site du Mouvement Démocrate qui servait jusque là de plateforme centrale.
En terme de web design, on ne saurait nier que les modèles de WordPress ont la côte. Cette uniformité a peut-être pour avantage de préparer le second tour qui sait ?

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Régionales Aquitaine: cyberpolitique, Rousset devant Darcos ?

Nous vous avions proposé de suivre l’évolution de la campagne des régionales sur la toile en ce qui concerne le PS et l’UMP. Le 02 décembre avait été l’occasion d’un premier regard. Après un peu plus d’un mois, quelques changements sont à observer.
Nous nous limitons à mettre en parallèle 3 médias principaux : le site de campagne, Facebook et Twitter.

:: Les sites internet ::
Le PS
Le site est actif. En particulier, les responsables de la communication misent sur un mur Dailymotion dynamique, enrichi régulièrement par des interventions d’élus et responsables politiques. Si cette forme de communication fonctionne bien, en revanche les contenus dépendent de la prestation de l’intervenant. Celle de Benoit Secrestat, secretaire fédéral PS 24 est calamiteuse. Il lit un texte placé un texte au-dessus de la camera, un peu comme une pelleteuse ferait de l’art lyrique. C’est sa marque de fabrique, puisqu’il a réitéré l’exercice dans sa présentation des vœux 2010 pour le PS. Effet Botox garanti, il passe à côté du message et de l’intérêt même de la vidéo.

Le bandeau défilant sur les actus met à ce jour l’accent sur l’écologie, Flopenhague et le service public notamment avec les transports en commun. Pied au plancher sur les réalisations écolo par exemple avec le lycée de Blanquefort HQE. Peu importe que ce label n’ait aucune signification réelle, en com’ il passe bien.

L’UMP
A la place des vidéos, les communicants ont misé sur une carte interactive pour créer du lien « participatif ». Signaler un problème, poser une question, etc. Ces participations semblent surtout être une tâche confiée aux militants pour faire vivre une relation à l’apparence poussive. En prime, l’équipe des portes paroles y est sans voix, ce qui ne manque pas d’ironie.

Côté actus 5 nouvelles déclarations. Hormis un sujet sur Flopenhague, (obligé), le site suit les consignes de l’Elysée : taper sur la fiscalité et les finances, 14/12/09.

Impôts régionaux +17%
– Pression fiscale sur les ménages et les entreprises +26% > moy. nationale.
– Taux de la taxe professionnelle de + 64% en 11 ans en multipliant par 3 en 11 ans les charges de personnel.
– Aquitaine comme la 7ème région pour le poids de la fiscalité.

Bref, c’est affreux, l’UMP n’augmentera pas les impôts nous assure-t-on.

Evidement c’est à comparer avec le bilan proposé par le candidat socialiste :

– Un redressement spectaculaire des finances de la Région en 10 ans.
– L’Aquitaine est passée de l’avant-dernière place au trio de tête des Régions les mieux gérées de France entre 1998 et 2007.
– La dette a été divisée par deux tandis que les recettes de la Région étaient dans le même temps multipliées par deux.

Débrouillez-vous avec ça.
A part cette sortie pour honorer le plan com’ national, soit le site sommeille, soit il est en gestation. L’activité n’y est en tout cas pas visible.

:: Sur Facebook ::
Le groupe PS
Au 02/12/09 : 740 inscrits. Au 07/01/10 : 815. +75.
Dernier message officiel, 21/12/09.
Le groupe UMP
Au 02/12/09 : 478 inscrits. Au 07/01/10 : 706. +228.
Le retard est en train d’être comblé. On notera une forte participation d’utilisateurs quand pour le PS il s’agit essentiellement d’annonces officielles.

:: Sur Twitter ::
Le groupe PS
Au 02/12/09 : 70 followers et 6 tweets. Au 07/01/10 : 102 followers et 12 tweets.
C’est toujours extrêmement bas, sinon inexistant. L’augmentation des followers ne tient quasiment qu’à des comptes factices pour faire du chiffre. L’utilisation du média est restreinte au minimum pour des annonces officielles, ce qui ne fonctionne pas sur Twitter.
Ou bien la com’ se plante, ou ils ont fait le choix délibéré d’ignorer ce média, peut-être parce qu’au regard de sa notoriété il n’est pas encore jugé rentable en terme de visibilité.
Le groupe UMP
Au 02/12/09 : 441 followers et 16 tweets. Au 07/01/10 : 611 followers et 20 tweets.
Là encore quelques comptes fictifs, mais marginaux. Même s’il est loin d’une NK_M (34 933) ou d’un Benoit Hamon (26 065), il est là, participant très peu et pour des annonces officielles.
On est loin sur Twitter d’une campagne politique à tendance urbaine et numérique. Il semble que cette présence tienne à la dimension nationale du candidat, au fait des tendances, contre un président de Région dont le 1/3 de la population ignore le nom.

:: Conclusion ::
La campagne ne semble pas avoir encore pris sur les réseaux sociaux malgré un début de mobilisation. Cela étant, l’activité du site et le taux de couverture est à mettre à l’actif du PS, face à un groupe UMP qui semble attentiste. Cette impression provient également de la structure même des sites, dont la plateforme socialiste est conçue dans un schéma beaucoup plus dynamique.

Pour l’instant en Aquitaine apparemment, il faut faire du terrain. Les usages numériques semblent encore éloignés d’une population rurale ou composant de moyennes et petites villes. La campagne des principaux candidats sur internet doit être proportionnelle à ce qu’ils en attendent : pas une influence déterminante visiblement. Mais il faudra continuer à suivre pour le savoir.

Quant à Aquitaine Ecologie, dans un style beaucoup plus classique et voulant montrer son attachement pour le fond, du débat, des textes et quelques vidéos. Une surprise cependant qui témoigne de l’ambiguité de cette campagne. Bérénice Vincent, par exemple, est conseillère régionale et adjointe au maire dans des majorités socialistes. Comment justifier dans ce cas les critiques contre le bilan d’Alain Rousset et de pointer les carences du Conseil Régional en matière environnementale?

Critiquer son partenaire et cracher dans la soupe de sa propre majorité, tout en sachant qu’en cas de non victoire d’Aquitaine Ecologie, les fauteuils Verts sont acquis si le PS veut conserver la Région, c’est limite et ça ne peut faire illusion qu’un temps. Bérénice Vincent contre Alain Rousset, c’est un peu comme si Hervé Morin faisait campagne contre le gouvernement Sarkozy. Ce n’est simplement pas crédible.

On ne peut pas se poser en alternative de son propre bilan tout en étant garanti de poursuivre la même politique après la victoire. Il y a là une schizophrénie politique et une forme d’hypocrisie.

Aquitaine, les régionales sur Twitter?

La campagne électorale pour le région Aquitaine est comme les 21 autres, modifiée par l’apparition de médias et de réseaux qui, soit étaient largement moins imposés, soit n’existaient pas du tout lors de la dernière campagne.

Une partie de la campagne, comme les autres, va se jouer sur la toile. Certes pas à l’échelle des présidentielles américaines, mais quand même. Des outils il y a peu dont on entendait qu’ils étaient réservés à la « jeunesse » se sont avérés être des moyens de communication incontournables. C’est en tout cas ce qu’a montré Barak Obama à nombre d’élus français qui voyaient dans ces activités des occupations juvéniles réservées à leur enfants et petits enfants. Le cas est flagrant pour Facebook et Twitter et les députés ont même droit à leurs ateliers de l’élu 2.0, c’est dire.

En tronc commun des réseaux sociaux, le site de campagne demeure la plateforme principale. Enjeu de taille s’il en est, ce que montre l’intrusion du blog de Xavier Darcos consistant à rediriger l’url vers le site de son adversaire. On peut dire sans emphase, et c’est une première, que cet évènement marque le réel lancement de la campagne électorale.

Nous allons donc un peu, de temps en temps, observer cette campagne dans son développement numérique. Ce billet ne fait donc que poser certains jalons à partir desquels nous reviendrons relever les compteurs à l’occasion. Mélange d’observations objectives et d’interprétations subjectives, nous n’éprouverons aucune crainte à les mélanger, vous vous débrouillerez avec, je vous fais toute confiance pour cela.

:: Au fait ::
A ce propos, c’est l’occasion pour vous annoncer que pour la première fois depuis sa mise sur orbite en mars 2008, ce modeste blog local vient tout juste, au mois de novembre, de dépasser la barre fatidique des 10 000 visites. Notre humilité nous interdisant de nous attribuer cette progression inattendue, c’est donc aux sujets abordés qu’en revient le mérite. Et comme principalement ce blog a parlé de la politique générale du maire Périgueux, Michel Moyrand, c’est donc lui que nous remercions chaleureusement, ayant permis ainsi au fragile volatile de voler de branches en branches.

:: Les principaux réseaux sociaux ::
Les compteurs au 02 décembre 2009

Pour Alain Rousset
Facebook, 740 inscrits et un album photo déroutant pour l’instant.

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Twitter, 70 followers et 6 tweets. Il annonce le lancement de son site internet le 06 novembre et rien depuis.

Pour Xavier Darcos
Facebook, 478 inscrits
Twitter, 441 followers et 16 tweets. A noter que c’est le compte du ministre ouvert depuis le 21 septembre 2009 et qu’il sert essentiellement à relayer les liens vers ses nouveaux billets sur son blog personnel.

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(Parfois, les bandeaux de pub sont impitoyables…)

Les débuts en la matière ne montrent pas un engouement particulier, il y a aussi peu d’inscrits que de followers, la mobilisation et l’actualité ne sont pas encore palpables. Nous verrons donc si ces mouvements s’intensifient durant la campagne ou si stagnants, il faudra trouver d’autres conclusions. Pour comparaison sur Twitter, un blogeur « influent » peut dépasser les 10 000 followers et 500, pour un homme public, est vraiment le minimum syndical.

:: Les sites ::
Question sites, celui du PS se veut une véritable plateforme de campagne, fonctionnelle et déjà opératoire. La preuve, jusqu’au kit militant pour bien apprendre sa leçon et les widgets : classe.

 

La rubrique vidéo est déjà bien garnie et l’on remarque la prestation de Michel Moyrand (le maire de Périgueux). Son instinct pour l’improvisation et son sens inné de la scène font déjà beaucoup pour l’efficacité de ces vidéos. Il se permet même un remake de la sortie de VGE en 1981, luxe réservé à l’élite des grands hommes politiques (il l’a fait).
Pour le reste, c’est efficace et direct : actu/bilan/projet/débat.

Le site de l’UMP est encore assez vide. Graphique, jeune, collectif, vert/écolo, tonique. Il colle à une certaine tendance « graph » joyeux, clair avec des boutons énormes. A ma connaissance ce n’est pas si fréquent pour un site politique, il faut noter là une pointe d’audace dans une communication visuellement à l’ordinaire uniforme et aussi stimulante qu’un pv sur le pare-brise. Comme son homologue, le ton est devenu traditionnel maintenant : Par-ti-ci-pez ! (enfin donnez votre avis quoi). La plateforme est largement moins complète et présente moins de contenus, moins de fonctionnalités, moins de formats. Il faut dire que pour l’instant, à part exprimer des désaccords sur la ligne LGV, projet sur lequel PS et UMP sont d’accords contre les Verts, ce n’est pas facile…

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:: Les slogans ::
On y reviendra à l’occasion.
Pour le PS, c’est : l’Aquitaine, innovante, solidaire, écologique. Je ne sais quel plaisantin aurait pu défendre l’inverse. On n’est pas plus avancé et ce slogan ne veut pas moins dire qu’ensemble, tout est possible.
Pour l’UMP, c’est : Votre Aquitaine, donnons lui de l’ambition. L’ambition de quoi, on ne sait pas très bien, d’être innovante, surement, solidaire, oui, écologique, c’est certain.

:: Les grands thèmes ::
Là, en tant qu’électeur, il n’y aura pas besoin de suivre l’actualité politique comme un forcené, c’est simple.

Pour Alain Rousset, son projet est à la mesure de son bilan: excellent (avec assez de choses en suspend pour engager un autre mandat quand même). Cela est d’autant plus méritant que l’Etat, tant qu’il est dirigé par la droite, ne lui facilite pas le travail, bien au contraire. Bref, si ce n’était lui, ce serait un miracle.

Pour Xavier Darcos, le candidat sortant est incompétent, il fait perdre un temps précieux à la Région et n’est pas un gestionnaire à la hauteur des enjeux, surtout en matière de fonctionnaires territoriaux. Quant aux transports, qui sont un enjeu général de cette campagne, c’est une catastrophe.

Pour l’occasion nous créons un onglet Aquitaine 2010, afin de faciliter le rangement de billets qui ne manqueront pas de venir…