Périgueux, le maire dépose le bilan (annuel)

Aujourd’hui paraît dans Sud Ouest une belle interview du maire de Périgueux en forme de bilan annuel, le premier de la série. D’où l’émoi.
On y parle même de ruedelachouette. La chouette serait un animal féroce ! Dam, ce modeste volatile nocturne serait-il aussi féroce qu’une bande de scolopendres ?
Revenons plutôt à nos moutons et au jeu d’insomniaque dont ils sont les héros.
Hervé Chassain produit une interview en 13 questions, afin de laisser au maire l’occasion de présenter avec sagacité l’étendue de la nouvelle politique communale.

Attention il y avait des questions pièges !

 :: Question n°1 ::
Michel Moyrand, tombeur du ministre Xavier Darcos ?
« … quelque chose qui fait plaisir ».
Ce qui est pris n’est plus à prendre.

:: Question n°2 ::
Pensiez-vous être élu ?
Ne répond pas à la question, mais indique :

C’est au moment où on fera le bilan au bout de six ans que l’on verra.

On verra dans six ans s’il pensait être élu ?
Cette question fondamentale pour l’avenir de Périgueux ne trouvera donc réponse qu’en 2014.
En réalité, il ne peut pas dire « oui ». Ce serait gros comme le nez au milieu de la figure.
Mais il ne peut pas dire « non », car il avouerait ne pas être préparé à diriger une mairie exigeante et avouerait par là avoir été dépassé. Ce qui aurait entraîné une autre question en corollaire:

Pensez-vous vraiment ne plus l’être aujourd’hui ou faites-vous semblant ?

:: Question n°3 ::
Un maire qui travaille beaucoup, mais indisponible pour les habitants ?
Il confirme travailler beaucoup, se déplacer, dialoguer, etc.
En même temps, travailler beaucoup en étant maire d’une ville de 30 000 habitants n’est pas censé surprendre ou relever du miracle politique.
En parallèle, le « sacrifice » est compensé par un salaire de 8 000 euros/mois, (hors déplacements, frais de bouche…) toutes indemnités cumulées. De surcroît, les indemnités que le maire s’est octroyé plafonnent au maximum légal.
Un mouchoir pour la maire dolorosa ?

:: Question n°4 ::
Il ne se passe rien en ville, signe de lenteur politique ?
Si. Le maire tire le bilan des bilans du bilan. Il tire même sur la sonnette d’alarme après avoir tiré à boulets rouges sur la gestion de ses adversaires. Il n’en finit pas de tirer sur tout ce qui bouge. (enfin tant que ça bouge…)
Le maire se dit fidèle à ses engagements, avec un bémol, (« en fonction de nos possibilités »).
C’est simplement faux. L’exemple de l’engagement de livrer le projet Bas Saint Front pour avril 2011, alors que les études sont gelées (annulation des crédits – 280 000 €). Appelons un chat « un chat ». C’est un mensonge et un manque de parole, une tromperie. Cela sera vérifié à la fin du mois de mars.
Explication du maire : « une situation très fragilisée » jusqu’en 2013 induisant un ralentissement de l’investissement. Pour une situation si catastrophique, nous sommes soulagés d’apprendre que l’équilibre sera recouvré en 4 ans.

:: Question n°5 ::
L’avenir du projet du Bas Saint Front, métaphoriquement appelé « parking Mauvard » ?
Pas de réponse. Le concept d’interview en prend un coup.
On saura en échange que le maire procède à un Programme Prévisionnel d’Investissement de 60 millions d’euros sur 5 ans, (moyenne de 12 millions / an) qui correspond pil-poil à une situation financièrement très fragile. C’est limpide.

:: Question n°6 ::
Continuité du plan Périgueux 2010 de l’ancienne municipalité ?
Pas de réponse.
On commence à se demander si cette interview n’était pas prématurée…
On relève cependant que le maire se dit contraint par ses engagements. C’est énorme. Lui qui est amateur de belles lettres, nous devons lui rappeler la signification de ce mot qu’il semble désespérément confondre avec un autre :

ENGAGEMENT Substantif masculin
A/ Action de mettre en gage quelque chose ; résultat de cette action.
Exemple d’engagement :

Je confirme donc que les aménagements prévus sur l’avenue Daumesnil, la rue Denfert Rochereau seront réalisés comme ceux de la place de la Clautre au plus tard dans les 3 années qui suivront mon installation à la mairie.

(Michel Moyrand, futur maire de Périgueux, février 2008).

On ne saurait faire plus clair.

:: Question n°7 ::
Une situation financière difficile ?
Oui, « une situation très fragile ». Endettement « très fort » et capacité d’autofinancement « insignifiante ». Pas de quoi non plus renverser un mammouth nous indique-t-il, puisqu’en 2013 ça ira mieux, de même que l’investissement serait réduit à 12 M€/an pendant 5 ans.

:: Question n°8 ::
Les grandes conclusions de l’état des lieux ?
Il faut « faire exploser l’organisation extrêmement centralisée ». Comment ?
En recrutant un maximum de chefs de services qui obéissent au doigt et l’œil au Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui interdisent aux services la moindre communication d’information sur le fonctionnement de la mairie, sauf autorisation expresse du Dirlo général des services.
En produisant des notes de services qui demandent d’annuler congés et RTT pour remplir la mairie à coups d’épaules.
Visiblement, en répondant à cette question, le maire a eu une panne d’oreillette et n’a pas pu entendre ce que lui dictait son directeur de cabinet. Du coup, il a bien répondu, mais à l’envers.

:: Question n°9 ::
Justement, la manie des recrutements ?
La ville est tellement pauvre que le maire ne peut pas recruter comme il le voudrait. Pourtant, on peut quand même compter sur quelques nouveaux postes qui laissent rêveurs sur le nombre de recrutements s’il pouvait se lâcher.
Réponse n°9 dans la question n°8. Le maire a bien recruté son directeur de campagne, sans recours à la sélection prévue par la fonction publique. Un acte de népotisme fondateur.
Par ailleurs, si la ville était si pauvre, le maire aurait sûrement baissé ses indemnités, consacrées à l’exercice de sa mission et non à son enrichissement personnel. Mais le dévouement à la mission de service public vaut bien quelques investissements défiscalisés.

:: Question n°10 ::
Puisque vous refusez le principe de cette interview, quid de vos ambitions ?
« Il faut rendre cette ville plus attractive ».
On sera surpris « par un programme ambitieux… » décomposé comme suit par le maire.

1. Attractivité sur l’aspect de l’animation (Périgueux sans voitures et ballades à poneys)
2. Attractivité commerciale (comme en soutenant l’extension d’Auchan à Marsac)
3. Attractivité culturelle avec le festival Art & Eau dans 3 ans et une Artothèque à la place de l’ancienne mairie dont on aura bientôt les détails de mise en œuvre, à moins que le bâtiment ne reste vide et inutilisé pendant des années…
4. Attractivité du tourisme d’affaire, via des congrès dont le succès, déjà, est garanti par le talent d’orfèvre de l’adjoint Eric Dosset. (1 congrès en 1 an, attention les mirettes.)
5. Urbanisme. Construire pleins de logements, comme l’installation de DOMOFRANCE dans le secteur sauvegardé, continuer le programme ANRU au Gour de l’Arche, tout en remplissant les 3000 logements vacants en surtaxant les propriétaires comme cela a été annoncé. Ami boulanger, tu n’arrives pas à vendre toutes tes baguettes ? Donc augmente ta production de baguettes, nous allons faire venir des clients par la contrainte. Bref, une logique imparable.

Concentrons nous. L’ambition du maire est de rendre la ville de Périgueux a-ttrac-tive, autrement dit, une ville en capacité d’attirer à elle, de séduire. Et pas l’inverse attention hein ?! N’imaginez pas qu’il pense que le « a » de attratif soit un « a » privatif. Je sais, on dirait bien des fois, mais c’est non.

Pourquoi ?
Pour se développer et ne pas être une bourgade oubliée de département rural, (en passe d’être dépassée par une sous préfecture dynamique), enclavée à l’écart des grands réseaux de communication, en dehors du dynamisme de la Région Aquitaine.

Comment ?
En générant de l’activité économique, culturelle, en dynamisant l’activité sociale, en augmentant sa population en baisse constante depuis 50 ans.

Un enjeu nouveau ?
Non. Le projet du ministre éconduit, Périgueux 2010, avait déjà pour objectif la réalisation de cette ambition, conduisant à penser que les deux hommes partagent le même diagnostic de fond.
La méthode du ministre a été dénoncée puis condamnée par Michel Moyrand, proposant aujourd’hui le même objectif mais indiquant y accéder via une nouvelle méthode.

La méthode de Michel Moyrand pour répondre aux enjeux de la ville ?
La première réalisation illustrant cette nouvelle méthode sera donc le déménagement de la mairie, libérant environ 3 M€ pour l’achat du foncier, nécessitant la mise au placard d’autres projets, comme la rénovation des abords de la cathédrale.

On aurait pu penser par exemple que le maire, pour aller dans le sens de :
– l’activité économique et donc touristique en Périgord,
– l’attractivité de l’habitat et la rénovation du tissu urbain,
– l’attractivité culturelle concernant un patrimoine dont il a fait le symbole de la ville classé à l’inventaire mondial de  l’UNESCO et recevant une subvention de 1 M€ (Etat) pour la rénovation des coupoles de la basilique,
– l’attractivité touristique d’un patrimoine architectural unique en France, (20 ha de secteur sauvegardé) dégradé par des  flux routiers non maîtrisés ;
prenne en considération de façon prioritaire ces différents éléments. Mais pas du tout !

L’urgence, pour coller à la nécessité de développer Périgueux, afin qu’elle devienne une ville attractive et que sa population augmente à nouveau, que son économie se déploie à travers le tourisme et que son activité se dynamise, c’est le DEMENAGEMENT DE LA MAIRIE.

On ne peut pas contester à ce projet, incarnant la nouvelle méthode de Michel Moyrand selon son diagnostic de la ville et de ses enjeux pour l’avenir, un caractère éminemment AMBITIEUX.

Et si vous ne comprenez pas le rapport entre d’une part le projet de rendre la ville plus attractive (économie / culture / habitat) et de l’autre de commencer – au détriment du reste –par le déménagement de la mairie, c’est que vous ne comprenez rien aux subtilités d’administrer un bien public, d’en discerner les enjeux, et de proposer un projet politique visionnaire et durable. Na !

:: Question n°11 ::
Les impôts vont-ils augmenter malgré l’engagement de ne pas le faire ?
Au regard de l’occurrence obscure et indéfinie que le maire prête au terme d’ « engagement », on saurait avec prudence s’attendre à tout.
On lui demande s’il va augmenter les impôts et il répond qu’il sait où il va. C’est logique.
Il confesse ne pas vouloir répondre à la question de toute façon. Par le taux ou par la base, on sent quand même la baffe arriver.

:: Question n°12 ::
Le maire entouré de plusieurs futurs maires ?
Là le maire nous rassure : « Je ne suis pas éternel ». C’est vrai, des fois qu’on ait imaginé le contraire…
Ce qui est plus rassurant encore, c’est d’apprendre qu’ils sont pléthore, au sein de son équipe, à bien vouloir prendre sa place, au cas où il l’a laisse. Tout cela augure une navigation paisible sur l’océan de la félicité.
Encore plus rassurant, il confie décider de tout : « in fine ». Ouf.

:: Question n°13 ::
Une opposition active à Périgueux ?
Là, une réponse à double tranchant, pour la presse et pour l’opposition.

1. « … elle est fortement relayée par la presse »
Accusation non voilée à l’encontre des journalistes de favoriser la présence médiatique de l’opposition contre la personne du maire. La preuve, un encart est réservé à Philippe Cornet (leader de l’opposition) à côté de son interview en deux pages pleines. Depuis quand la déontologie journalistique invite-t-elle au respect du contradictoire !!!

2. l’opposition parle pour ne rien dire
Non seulement les journalistes relaient bien trop complaisamment les propos de l’opposition, mais en plus, « parfois pour des futilités ». L’accusation de futilités est tempérée par l’emploi d’un « parfois » circonstancié, presque politiquement obligatoire dans la situation.

En gros, si l’opposition pouvait la fermer et les journalistes se concentrer sur les concours de belote du département, le maire n’y verrait pas d’inconvénient.

:: Conclusion ::
 1. Le fait marquant de cette interview, d’abord, est d’apprendre que Jean Louis Demaret a quitté la politique. Nous espérons le revoir en 2014 pour changer sa Kangoo. Nous parions 3 chouettes en chocolat au lait qu’après son programme Ni gauche Ni droite, il pourrait retrouver le succès avec un nouveau programme appelé cette fois Ni droite Ni gauche.

2. Ensuite, il est notable, dans une interview, que le maire refuse de répondre au 1/3 des questions posées. Pour un homme qui n’a au bout des lèvres que le mot TRANSPARENCE, cela est fort étonnant. Pourquoi accepter une interview pour ne répondre qu’aux questions que l’on veut s’entendre dire ?
Donc pour la prochaine interview, nous proposons que le directeur de cabinet du maire rédige directement les questions pour le journaliste. A coup sur, on gagnerait du temps et cela laisserait toute latitude au conseiller à la communication pour préparer les réponses. Une bonne idée ça non ?

3. Enfin, il faut constater l’absence remarquable d’un mot qui était au cœur du programme de campagne du candidat Moyrand : LA DEMOCRATIE.
Elle était participative, et même de proximité, peu importe les amalgames et les duperies. Il voulait une ville plus démocratique, où les droits des citoyens seraient mieux respectés et renforcés même.
Ainsi n’avait-il pas signé le pacte démocratique de la Liste, un engagement (encore un) d’œuvrer pour une véritable démocratie citoyenne et locale ?

Après un an de pouvoir, le maire semble espérer que les citoyens oublient ces histoires de démocratie participative, pour laquelle il a créé un poste d’adjoint, qui jusqu’à présent n’a pas eu à montrer l’étendue de ses compétences en la matière, mais plutôt à vérifier et contrôler que l’art de la sieste est intrinsèquement diurne.
Il avait consenti électoralement à suivre ce thème à la mode en marketing politique, mais las, la victoire consommée et son discours inaugural prononcé, la volonté pour la chose démocratique s’est réduite à un spasme.

Périgueux et le Tribunal des Flagrants Délires. Acte I

Parait aujourd’hui dans les journaux locaux l’annonce des travaux de réhabilitation du Tribunal de Grande InstanceTGI– au Palais de Justice de Périgueux. Sud-Ouest et la Dordogne Libre relatent l’évènement.

Depuis le 10 janvier 2009, a paru un appel d’offre public concernant lesdits travaux.
Cette rénovation concerne les services en place, les services du TGI.
Autrement dit, elle ne concerne pas les surfaces de bureaux à créer dans le cadre de la modification de la carte judiciaire, à savoir une centralisation des services départementaux au niveau de la Préfecture de la Dordogne.

:: Le point sur la situation::
A Périgueux, le TGI et le Tribunal d’InstanceTI– sont scindés en deux, faute d’un espace commun suffisant. En d’autres villes qui regroupent ces services, on appelle cela une Cité Judiciaire. Des fois.
Le TI gère ce qu’on appelle la petite instance, le civil pour des sommes inférieures à 10 000 €, (tutelles, saisies rémunération, etc.). Il se situe au 5 rue Maleville.
Le TGI s’occupe des affaires supérieures à 10 000 €, et de ce que ne comprend le TI, (correctionnelle, assises, etc.). Le TGI est au 19 bis boulevard Montaigne, soit l’adresse du Palais de Justice qui doit être rénové.
Cela étant, ils sont tous deux dirigés par les mêmes personnes, à savoir la Présidente du TGI, Madame Corinne Panetta et le Procureur Général, Monsieur Yves Squercioni. Evidement, les décisions sont plus aisées quand ces deux fonctions s’entendent et se complémentent plutôt que l’inverse.

Dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire ordonnée par le Président de la République et mise en œuvre par le Garde des Sceaux, la situation départementale de la Dordogne est la suivante.
Les services juridiques de Sarlat sont intégrés à Bergerac.
Les services juridiques de Nontron et de Ribérac sont intégrés à Périgueux.

C’est pour cette raison que le TI de la rue Maleville déménagera sous peu une partie de ses services aux 2ème et 3ème étages de l’immeuble de la librairie Marbot, nouvellement édifié cours Montaigne. La surface disponible est de 427 m² en tout.

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Pour la petite histoire une partie des équipements du TI resteront rue Maleville, car les planchers de l’immeuble Marbot ne supporteront par le poids des coffres-forts. Pourquoi ?
Simplement parce que dans le cahier des charges introduisant la signature du bail, la direction régionale des travaux des services juridiques, (rattachés directement à la Chancellerie), a omis de préciser ce « détail » et les planchers ont donc conservé une résistance standard de 350 kg/m², trop faible pour le surpoids engendré par les coffres.

L’annonce est faite de la rénovation du TGI, pour une surface de 4059 m², nous y reviendrons. Mais pour l’instant il faut comprendre que le Parquet réside quant à lui à l’angle de la rue Sirey et de la place du Général Leclerc, bâtiment appartenant à Monsieur Bernard Cazeau, (enfin au Conseil Général). L’actuel bâtiment va être démoli et reconstruit nous dit-on.

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Peu importe de savoir que ce bâtiment se trouve dans un périmètre de protection architecturale et patrimoniale, (500 mètres autour du Palais de Justice) autrement dit que l’Architecte des Bâtiments de France aurait du avoir son mot à dire. L’a-t-il eu ?
Pendant les travaux de démolition et de construction, le Parquet devrait être transféré à côté, rue Sirey, actuels bureaux du Crédit Agricole. La surface y est de 800 à 900m².

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Le Crédit Agricole, quant à lui, transfère ses bureaux… où ça ?
Et bien au 1er étage de l’actuel immeuble de la librairie Marbot, en dessous des services du TI.
Mais pas tout de suite. Les travaux n’en sont qu’au commencement.

:: Arrêtons nous sur le projet::
Ce projet avait été présenté « opportunément » par le candidat et Ministre Xavier Darcos et s’appelait Cité Judiciaire, lors de la campagne électorale des municipales. Souvenons nous, c’était dans Sud Ouest.

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Ce projet comprenait le regroupement des services juridiques et nécessitait une surface d’environ 4000m², impliquant l’acquisition d’un autre immeuble dont l’emprise au sol est de 253m² prévus sur 5 niveaux et donnant sur la rue Victor Hugo, de l’autre côté de la rue Sirey. Ce projet nécessitait une modification du Plan d’Occupation des Sols ainsi qu’un aménagement urbain particulier pour les parkings souterrains. Par la suite, ce projet a été revu à la baisse pour descendre à une surface de 2306m².

Il est certain que la rénovation du TGI, comprenant le bâtiment du Parquet, ainsi que le déménagement du TI, s’inscrivaient dans un projet vaste et unique, dont chaque phase représentait ainsi une étape, pour arriver, in fine, à la création d’un pôle judiciaire unique et cohérent, et non comme c’est le cas éparpillé en plusieurs morceaux dans Périgueux. C’est ce projet que les pouvoirs publics n’ont pas été en mesure de mener à bien pour l’instant. Enfin, parce que la stratégie nationale consiste à passer des partenariats entre le public et le privé, ce projet avait été confié à un investisseur en mesure de réaliser le bâtiment. On ne pourra pas dire que ce projet était incohérent ou irréaliste, ou même des plus complexes. Mais c’était sans compter certains aléas qui font le sel et le désespoir de la Nation.

:: Voilà donc l’exposé des faits ouvrant débats et discussions ::
Les acteurs en présence et occupant le théâtre des opérations.
D’un côté le Ministère de la Justice et ses décideurs locaux, la Présidente du TGI et le Procureur Général pour le département, en interaction avec la direction régionale et la Chancellerie lui-même.
D’un autre enfin, les élus locaux attachés à leurs réseaux de gens biens vus et de gens mal vus.
Encore à un autre niveau, la Préfecture, qui dirige les services de l’Etat dans le département, dont le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine, chargé de la conservation du patrimoine architectural. Ce service est sous la responsabilité du Ministère de la Culture.
Enfin il y a les investisseurs privés qui construisent à leurs frais et louent aux services publics. Autrement dit, la réussite de leur entreprise est étroitement liée aux décisions politiques, nationales, régionales et communales. Autant dire que le concept de « bonne relation » est primordial. N’allez pas penser que l’on pourrait faire tout cela d’une façon totalement objective, c’est-à-dire détachée de l’importance des noms propres. Tout cela demeure de la relation très humaine.

Le projet de démolition/construction du bâtiment recevant le Parquet, (puisque ce dernier doit s’installer pendant le temps des travaux, à l’emplacement du projet de construction initiale), élimine la possibilité de voir se regrouper définitivement les services dans le projet de la rue Sirey. Le projet initial défini pour le regroupement des services devait débuter prochainement. D’où la surprise. Les deux projets, au lieu de se compléter, se contredisent et se télescopent, car la reconstruction de l’un empêche la construction de l’autre, logique. Par conséquent, il y a eu des conflits d’intérêt politiques et de personnes quelque part et avantage trouvé à mener l’un des projets en sous-marin, c’est-à-dire dans l’impasse. Oh ce serait anodin s’il ne s’agissait de service public, d’argent public, de moyens donnés à la Justice, etc. Or là, ce n’est pas anodin. En l’état, c’est une sorte de tambouille où l’on ne sait faire la différence entre la malveillance et l’incompétence.

Et en plus, il faudrait que cela soit dissimulé aux administrables, aux justiciables, aux contribuables, bref, aux principaux intéressés, à tous ces –ables– représentant un peuple souverainement sous informé.

Nous espérons nous tromper. Etre dans l’erreur. Avoir la joie, la semaine prochaine, d’apporter un démenti formel et d’expliquer rationnellement et simplement cette situation. L’avenir est pour bientôt. Espérons qu’il nous le dira.

Fort de ce complément d’information, il nous faut revenir sur les déclarations des uns et des autres dans la presse.

La Dordogne Libre relate après enquête du journaliste les citations suivantes.
(Souvenons nous que l’appel d’offre publique date du 10 janvier 2009).

Le journal écrit :

Curieusement, ni la présidente du TGI Corinne Panetta, ni le procureur de la République, Yves Squercioni, n’étaient au courant hier de cette annonce, publiée le 10 janvier dernier au Bulletin officiel d’annonces des marchés publics.

La Présidente du Tribunal de Grande Instance, Madame Corinne Panetta, répond à l’annonce par le journaliste, de la nouvelle par :

Vous me l’apprenez

Puis :

On attend la confirmation de la Garde des Sceaux car il n’y a que sa décision qui compte

Autrement dit, l’appel d’offre est public, donc très officiel depuis le 10 janvier 2009, mais le Garde des Sceaux n’aurait toujours pas confirmé officiellement les futurs travaux à la présidente du TGI au 29 janvier 2009. C’est très fort !
De plus, personne n’a prévenu la Présidente du TGI, depuis le 10 janvier, que l’appel d’offre était paru depuis 18 jours…

Nous prenons le pari, (sur une bouteille de champagne), pourtant, que le Garde des Sceaux a signé officiellement le document attendu par la Prédidente du TGI, au matin du mercredi 28 janvier. Le fax devait être panne.

Pourtant, le maire de Périgueux déclare en avoir eu la confirmation par le Premier Président de la Cour d’Appel de Bordeaux le 26 janvier 2009. Aussi le maire n’en aurait pas informé son Directeur de Cabinet, Monsieur Jean-Marc Pennetier?

Décidément personne ne se dit rien, personne ne sait rien, personne n’a rien vu. Tout le monde suit le projet depuis plusieurs années, mais non. Aujourd’hui, c’est comme si nous étions face à l’immatriculée conception, un concept qui fait fureur au plus haut niveau de la Chancellerie. Car il faut noter que le Procureur Général déclare au journal ne pas être officiellement informé à son tour de cette nouvelle.

Ainsi, Rachida le dit à Jérôme, qui le dit à Philippe, qui le dit au journaliste… Mais rien aux principaux intéressés, qui attendraient toujours le cachet officiel de Rachida…

Comme quoi, il fallait compter sur l’intervention d’un journaliste pour leur apprendre l’appel d’offre des travaux du Palais de Justice dont ils ont la responsabilité. Oui, cette version officielle à de quoi étonner, tout comme la Présidente du TGI s’est montrée étonnée en apprenant la nouvelle. Pourtant, c’est la seule version à laquelle nous sommes autorisés à croire, puisque rien ne saurait faire douter de la sincérité de ces déclarations.

Et ce même si le lundi 26 janvier, selon l’agenda du maire déclarant avoir été informé par le Premier Président de la Cour d’Appel de Bordeaux, il participait bien à l’audience solennelle de rentrée du Tribunal de Grande Instance. Ben non, motus. Il n’a rien lâché. De plus, le maire veut nous faire comprendre que personne de son entourage, qui connaissait la chose depuis le 10 janvier, ne lui a rien dit pendant 15 jours… Décidément, encore.

Mais où est le dindon dans cette farce ?

:: Au sujet du maire de Périgueux, la Dordogne Libre relate deux éléments importants ::
Le premier, c’est que pour le maire, cette annonce :

met fin aux spéculations sur un éventuel projet de cité judiciaire.

Le second :

Projet qui n’avait pas eu l’assentiment de la nouvelle municipalité.

Visiblement, le maire emploie le terme de « spéculation » dans un sens non économique, mais en celui qui désigne quelque chose de particulièrement théorique et abstrait. Le terme est appliqué à un « éventuel » projet de cité judiciaire.
Plus loin, le journaliste relève que ce projet spéculatif et hypothétique n’aurait pas rencontré l’adhésion du maire de Périgueux.

En réalité, la mairie a eu une réunion technique sur ce projet, au mois de décembre 2008. Il a été présenté en phase de Permis de Construire, prêt à être instruit.
Or, à moins que son adjoint à l’urbanisme et ses services techniques lui aient tout dissimulé, eux aussi, le maire a pris connaissance et validé le projet dans le cadre de la préparation à l’instruction administrative.

Précisément, ce n’est pas le même projet que celui défendu par le candidat et Ministre Xavier Darcos en son temps. Mais il possède la même destination, (des bureaux pour la Justice) et le même emplacement, (rue Sirey et rue Victor Hugo). Il comporte cependant et de manière incontestable mois de surfaces de plancher. Et c’est bien ce dernier projet qui a été validé à la veille de Noël.

Pour la coquetterie, le maire déclare que le projet qui lui a été présenté induisait une révision du Plan d’Occupation des Sols. C’est inexact. Le projet a été conçu pour correspondre au POS sans impliquer modification. Dommage, encore raté.

Les déclarations du maire, au contraire des autres, ne sont pas exemptes de doutes. Car appliquer le terme de « spéculation » et d' »éventuel » à un projet qu’il connaît bien et qu’il a approuvé pour l’instruction du permis de construire avec ses services et son adjoint à l’urbanisme, c’est une déformation de la réalité qui confine au… désespoir.

:: Récapitulons ::
Les plus hautes instances judiciaires du département sont fort surprises d’apprendre par le journaliste le lancement de l’appel d’offre public du 10 janvier 2009 concernant les travaux de rénovation du Tribunal de Grande Instance de Périgueux. Visiblement, tant que la Chancellerie n’aura pas officialisé la chose, personne ne sera au courant de rien.
Quant au maire de Périgueux, il vient de valider un éventuel projet de 2306 m² qui lui a été présenté en décembre 2008 pour la future instruction des permis de construire. Mais il déclare que le projet annoncé dans la presse aujourd’hui met fin au spéculatif programme de cité judiciaire. Dans ce cas, s’il dit vrai sur le caractère hypothétique de ce projet, en l’ayant approuvé en réunion pour instruction du permis de construire, alors il procédait à une omission manipulatrice. La transparence tant promise ne resterait-elle qu’un horizon onirique?

Le secret est l’exception.

La semaine prochaine, épilogue.

M je dis M

Relayons avec un peu de retard une annonce locale. Un conseil municipal « surprise », sorti de la manche du maire avec soudaineté, se tiendra le lundi 17 novembre à 18h00. Pour une fois, nous n’en communiquerons pas les Rapports à l’avance ; une fois n’est pas coutume.
On pourra toujours consulter l’ordre du jour lapidaire mis en ligne par la mairie, dont, décidément, le faible état de transparence et de communication révèle son besoin d’ombre et de brouillard pour œuvrer à sa noble tâche.

:: Salon du Livre Gourmand, un discours International ::
Prenons le temps de revenir sur quelques évènements récents qui méritent une certaine attention. Actualité oblige, le Salon du Livre Gourmand de Périgueux, une institution locale, non, In-ter-na-tio-nale, instaurée par la droite, critiquée par le maire actuel en terme de « grande bouffe » et dont on voudrait qu’elle soit po-pu-laire nous a t-on dit hier.
Nous y sommes, à Périgueux, Internationale et Populaire, ce sera la révolution par le ventre, ou du ventre tout court, c’est déjà ça.

Par hasard et en flanant, je me suis rendu à l’inauguration le vendredi 15 novembre, à 16h00.
Evidement, je n’avais pas été invité par le maire, vous imaginez sans peine la contrition qui fut la mienne. Pour le principe, j’ai donc resquillé, en faisant valoir que j’avais oublié le sacrom-unicipal droit de passage. Je me trouve à l’entrée avec un jeune adjoint au maire, contraint de décliner sa fonction à l’hôtesse avant que cette dernière ne lui marque toute la déférence d’usage.
Le discours du maire commence, encadré qu’il est par la Confrérie du Pâté de Périgueux, qui est au Saint Pâté ce que Saint Thomas d’Aquin est à la Sainte Nitouche.

Passons sur le discours, qui semblait être prononcé en mâchant des châtaignes chaudes offertes pour l’occasion. A la suite, un alsacien averti et invité à discourir, a salué la « continuité républicaine » du maire PS, ce que ce dernier n’a pas manqué d’apprécier.
Le maire a pourtant tenté de souligner toutes les belles innovations dont il était porteur, comme le nombre accru d’éditeurs : une véritable révolution culturelle pour un salon du livre. Puis il a marié avec talent l’art culinaire et le développement durable, l’art culinaire et la géostratégie. Mais des pensées si profondes ont laissé perplexes quelques auditeurs, dont votre serviteur. Le maire n’avait-il pas oublié d’associer l’art culinaire et le réchauffement climatique, ou l’art culinaire et le Congrès de Reims ?

Bref, passons sur ce moment inoubliable, comme ne manquera pas de l’être ce salon du livre gourmand, que l’on nous envie à l’international et de façon très géostratégique. J’espère contribuer à Périblog, en lui évitant un billet laborieux qu’il ne manquera pas de produire par professionnalisme !

:: XD/MM, âmes sensibles s’abstenir ::
Revenons donc aux discussions politiques des derniers jours, qui promettent une fin d’année où le Père Noël sera sollicité, y compris pour remplir la grande chaussette du maire de Périgueux. En effet, Xavier Darcos s’est exprimé pour la première fois depuis sa défaite électorale dans les colonnes de Sud-Ouest en date du 14/11/08. Avec une certaine rudesse, il dénonce le sectarisme et le clanisme de la nouvelle équipe, forte d’un projet réel pour Périgueux qu’elle n’aurait pas encore trouvé. Et de toute façon ça tombe bien parce qu’elle ne saurait pas comment le financer, sinon en augmentant la pression fiscale, ce qu’elle ne manquera pas de faire, au moins pour lancer ce projet incroyable de déménager la mairie.
Michel Moyrand, (le maire de Périgueux) répond aujourd’hui en substance dans le même journal : cause toujours, c’est moi le maire.

Et puis il a cette phrase, assez énigmatique :

Nous travaillons et on est bien présents dans la ville

On se doute qu’ils travaillent, mais que signifie « bien présents dans la ville » ?
VAE VICTIS : « Malheur aux vaincus » dit le chef gaulois l’ayant emporté face à la grande Rome en – 390 av. JC. Car si le maire parle de recruter du personnel pour les postes vacants, il se garde de citer les fonctionnaires territoriaux poussés vers la sortie pour suspicion d’intelligence avec l’ennemi : finances, culture, ressources humaine, état civil…

Il se garde également de parler de son ami et directeur de campagne Marc Demaison, actuel directeur des achats, poste créé sur mesure et dont le concours a été évité afin de lui garantir le fauteuil pour les deux ans qui le séparent de la retraite.
Un « républicain » qui contourne la loi pour favoriser l’ascension de son entourage dans une hiérarchie dont il est le sommet, et donc garant des valeurs et du droit, ne fait jamais preuve que de népotisme. Cette pratique que l’on voudrait savoir éteinte, consiste en l’utilisation abusive d’un pouvoir reçu par délégation, à savoir une forme de corruption.

C’est bien cette présence dans la ville, qu’il faut aussi comprendre, non comme une chasse aux sorcières, mais comme une grande lessive de printemps. Notez, ce n’est pas une raison pour se brouiller avec tout le monde. Car si le maire renvoi le ministre dans ses 22 sur le rabâchage des thèmes de campagne, il ne lui en a pas moins écrit une lettre pour lui demander des soutiens financiers de l’Etat… Comme quoi on peut vilipender le cumul de maire et de ministre en campagne électorale et demander l’aumône à ce même ministre, car ministre, c’est quand même bien pratique.

M moi je dis

M

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:: Pour quelques dollars de plus ::
Plus sérieux, les finances de la ville. Un grand débat, un grand débat que le maire met en avant pour expliquer toute sa difficulté à mettre en œuvre un réel projet pour la ville, pour cause de trésorerie. Il avait affirmé en campagne qu’il n’augmenterait pas l’impôt ; mais aujourd’hui il souligne « ne pas avoir l’envie ». Par cette nuance, on doit comprendre qu’il risque d’y être obligé, même s’il n’en a pas l’envie, il le ferait donc à regret.
Mais il faut saisir la situation : les caisses sont vides ! clame-t-il, pour faire comprendre que si augmentation de l’impôt il y a, c’est la faute à l’ancienne équipe.
C’est pourquoi l’on ne demande que la publication intégrale de l’audit financier. Nous ne manquerons pas de le mettre en ligne si le maire consent à le rendre public, autrement que par bribes et citations. Espérons donc qu’à l’issue du conseil municipal de lundi, nous pourrons y voir plus clair. On pourrait quand même condidérer que les citoyens sont assez grands pour prendre connaissance de ce document, dans son exhaustivité, sans passer au préalable par l’interprétation orientée et prémachée, ni de la majorité, ni de l’opposition, ni de personne. Car et jusqu’à preuve du contraire, le maire est gestionnaire d’un argent qui n’est pas le sien; de même que cet audit n’a pas été financé avec ses petites économies, mais avec l’argent des périgourdins pour connaitre l’état de LEURS finances.

Dans le cas contraire, où cette analyse de la situation financière de Périgueux serait tenue secrète, ou partiellement restituée, il s’agirait d’un abus de pouvoir d’un maire, hors des devoirs liés aux droits ouverts par la fonction élective.

Le contexte est simple. Si l’audit révèle des manquements dans la gestion de l’ancienne équipe, alors le maire en fera état, en long, en large et en travers, comme pour la note d’alerte du préfet et du TPG. Mais si l’audit révèle au contraire une situation par laquelle le maire ne peut pas objectivement charger l’ancienne équipe, alors il sera pondéré, voire discret sur ce qui aura été une tentative échouée de justifier l’incurie d’une situation dont il est dorénavant le responsable.
Pour l’heure et sur un thème aussi important, l’opposition dénonce une rétention d’information de la part du maire qui se refuse à transmettre copie de l’audit avant d’en faire la présentation lundi, comme en témoigne France Bleu Périgord. Ainsi le maire préserve tout le suspens qui fait le sel de cette affaire.

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:: Une politique de proximité ::
Et puis il y a la politique, pas celle que les médias ne peuvent pas raconter sous peine de pressions, menaces, noyautage, non. La petite, celle de tous les jours, la petite politique et la réalité contradictoire avec tout discours électoraliste et condescendant, dont certains font leur véritable profession de foi jusqu’à l’indigestion.

Un crime de lèse majesté. Le maire a piqué une grosse colère, accompagnée de menaces sur les subventions du club de rugby (CAP). Et oui, son adjoint aux Sports Populaires est venu se plaindre de ce que l’opposition avait la part belle dans les vestiaires avec les joueurs, mais pas lui. Un scandale !
Ce même adjoint au sport, chargé de réunions qui le passionnent tant qu’il en déploie son journal ostensiblement. Le pauvre, non seulement il s’ennuie dans sa fonction, mais quand c’est la fête, il n’est même pas invité. Cela valait bien un ultimatum municipal.
Savez-vous pourquoi l’association Ciné-Cinéma éprouve des difficultés de fonctionnements alors qu’elle fait un travail remarquable dans l’enceinte « diabolique » du cinéma capitaliste CAP Cinéma ?
Diable pour quelle raison l’adjointe tentaculaire plutôt que tant attendue, pourtant déléguée à la politique de la ville, (économie sociale et solidaire) n’est-elle pas favorable à cette association ?

Et puis cette historiette de circonstance. Une jeune architecte se rend au service d’urbanisme pour retirer un dossier de concours public. L’adjoint au maire délégué à l’urbanisme n’a-t-il pas refusé de lui donner le dossier, au motif qu’il ne la jugeait pas capable de répondre correctement ? Un bel exemple. Il faut noter que l’adjoint à l’urbanisme est lui-même architecte de profession spécialiste ès concours publics, (grâce à son immense talent), ce qui lui donne tout pouvoir pour juger ses confrères, bien entendu. Cela ne consiste jamais qu’à faire une partie du concours à la place du jury, preuve d’un esprit démocrate et républicain s’il en est, sous les fourches caudines mais savantes de la suffisance de soi.

Allez, je dois vous laisser. Je vais postuler pour un poste à la mairie, j’ai une lettre de motivation à rédiger. Nul doute que ma candidature ne soit reçue avec toute l’équité requise. D’autant que nous parlerons bientôt du thème de l’indépendance des pouvoirs de la Justice et du Politique dans les collectivités territoriales, dont Périgueux représente un thème d’interrogation réelle, aux travers des combinaisons administratives constitutionnellement étanches.
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PS: Nous entendons depuis quelques mois une douce rengaine. Personne ne lit jamais le blog de la Chouette à Périgueux, quand il admet en connaitre l’existence. Un blog confidentiel donc, intime même, un blog sous le manteau. Et bien nous leur disons tout notre bonheur de voir cette confidentialité partagée, le mois dernier, par près de 6 000 visites et qu’elles sont chaque mois plus nombreuses depuis mai 2008.

Constitution, Représentation, Choucroute

Nous revenons ici sur la question du cumul des mandats, par le biais d’une lecture où nous ne pensions pas retrouver le problème ainsi posé.
C’est en lisant la Constitution, commentée par Guy Carcassonne, que cette particularité française est réapparue sous la plume du commentateur.
A titre confidentiel, cette lecture de notre Constitution et les commentaires de Guy Carcassonne, font du bien. En cette période troublante, où le Président de la République, entretient une confusion stratégique entre la réforme des institutions, la guerre en Afghanistan, sa femme en robe de soirée sur le toit de l’Elysée et la location d’une partie du ministère des Affaires Etrangères pour une soirée privée du groupe LVMH, le retour aux sources de notre démocratie relève d’une plongée en apnée dans les caves de la République.

Le point de départ entre les commentaires de Guy Carcassonne et l’état de la situation d’occupation électorale, se résume dans le bilan publié en 2007 par Le Monde.

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Outre les sophismes les plus gras, développés par les cumulards les plus dodus, (Alain Lambert, un gabarit exceptionnel!), pour défendre un injustifiable cumul des mandats, le dossier est vide, de sens autant que d’honnêteté. Leur plus grande responsabilité devant le peuple, est en définitive de voter des lois dont la destination relève de leur intérêt personnel, ce qui s’appelle ni plus ni moins qu’une dérive oligarchique. L’ensemble de la classe politique semble aujourd’hui impuissant, quand bien même il serait volontaire, à imposer au Sénat et à l’Assemblée Nationale la restriction des mandatures. Et pour cause, chacun en croque.

:: Commentaires de G. Carcassonne ::

La Constitution
Le Seuil, 2005
Article 25, commentaires; 185.

La possibilité, pour un député, d’être en même temps élu d’une collectivité locale est une particularité française, à peu près unique au monde et qui serait stupéfiante dans n’importe quel autre pays civilisé.
Ce cumul touchait environ 35% des députés sous la IIIè République. Ils sont aujourd’hui près de 95%. Et dans cette aberration réside sans doute la cause principale de tous les dysfonctionnements de l’Assemblée Nationale.
Ainsi ne retrouvera-t-on un véritable Parlement, jouant véritablement son rôle, que le jour où, enfin, sera radicalement banni (car toute demi-mesure serait vite tournée) le cumul du mandat de député pour un autre.
Quant au contre-argument habituellement avancé, selon lequel le cumul permettrait aux députés d’être au fait des réalités du pays et des tendances de son opinion, il n’est pas seulement stupide – car tous les députés, alors, devraient être invariablement réélus -, indécent – car il n’y a qu’en France que l’on cumule, or il n’y a qu’en France que la majorité sortante, quelle qu’elle soit, s’est systématiquement fait battre aux six derniers renouvellements généraux-, il est aussi insultant pour les parlementaires du monde entier – qui ne cumulent pas, et dont on ne sache pas qu’ils soient moins compétents que leurs collègues français.
Au demeurant, aussi longtemps que le mode de scrutin sera ce qu’il est, ils auront un puissant motif – la réélection – de demeurer attentifs à leur circonscription, sans pour autant avoir à en gérer les collectivités.
… le moment est venu depuis longtemps de considérer que représenter le peuple, pour être une fonction à pleine dignité, un mandat à pleine efficacité, est un emploi à plein temps.

:: Ventilation par les urnes ::

Ne serait-ce pourtant qu’en Région Aquitaine, les messages ont été clairs. Alain Juppé n’a retrouvé son fauteuil de maire de Bordeaux qu’après avoir renoncé à celui de député, lui valant au passage le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable. A Périgueux, Xavier Darcos a été éconduit par les électeurs en grande partie parce qu’il entendait conserver son Ministère. De ce point de vue, au regard d’une classe politique peu encline à réformer le pouvoir dans le sens de la démocratisation, il revient aux électeurs de le faire savoir, autant que de savoir le faire. C’est en principe leur plus grande responsabilité, par l’exercice de la souveraineté du peuple, avant celle de la Nation.

De son côté, Xavier Darcos se défendait d’ « être utile » à Périgueux par sa fonction nationale. Michel Moyrand défendait lui, de l’être par sa fonction régionale. La logique est bien la même et les deux candidats au fond défendaient l’intérêt du cumul du mandat, l’un plus médiatiquement que pour l’autre, seule distinction pouvant faire la différence. De ce point de vue, l’élection s’est cristallisée sur la quantité acceptable à accorder au cumul, non sur sa remise en question sur un plan fondamental et qualitatif.

Tous deux ont défendus qu’il était de l’intérêt de Périgueux, de choisir un maire cumulant des fonctions, qui par les portes qu’elles ouvrent, offrent un bénéfice quelconque aux périgourdins. Tous deux défendaient un système, dans lequel l’aboutissement ou le traitement favorable des » dossiers », se jouent dans les couloirs, au prorata de l’influence et du poids politique. Il était ainsi promis aux périgourdins des avantages en nature, l’un par l’Etat, l’autre par la Région. La victoire devait se résoudre dans une équation influence/proximité et non l’une ou l’autre simplement.

Mais en définitive, la syntaxe est la même et elle engendre d’ailleurs une phraséologie politique commune, quantitative, relevant du compteur de présence. Il n’est jamais venu à l’un ou à l’autre des candidats, l’idée de ne pas cumuler du tout, c’eût été aberrant. Ce n’est pas non plus ce que demandaient les périgourdins, partagés entre le désir d’une proximité par certains aspects rassurante, la présence du père, et celui de sa puissance, la capacité d’agir pour eux. Le choix était un compromis entre force et présence, thème que l’on devrait recroiser un jour.

Au passage, la question du non cumul des mandats déborde largement celle de la députation; elle se niche autant dans la représentation nationale, au Gouvernement, au Parlement, qu’en l’empilement des mandats locaux, dont les conséquences ne sont pas moins sclérosantes.

:: Mandat unique et décentralisation ::
Le mandat unique de Député ou Sénateur, s’il permet de démocratiser et dynamiser les fonctions au niveau national, ne répond pas pour autant au problème de la décentralisation sur le plan des collectivités territoriales. Que ne voit-on pas apparaître en contrepartie du mandat unique (ou presque) au sein des collectivités locales ? Des élus, sentant le vent tourner, qui utilisent le sens du mandat unique pour le réduire à celui de la proximité locale, du « contact » avec les habitants.

Ainsi pour ces derniers, comme le maire de Périgueux il semble, l’équation du mandat unique se résoudrait en un problème de distance dans l’espace et de disponibilité dans le temps. Aussi a-t-on vu, dans le duel télévisé sur France 3 opposant Xavier Darcos et Michel Moyrand, ces derniers faire le bilan comptable de leurs jours de présence/semaine à Périgueux, l’un par rapport à Paris et l’autre par rapport à Bordeaux. Le vainqueur devait être le moins absent et l’emporter 5 à 3, si mes souvenirs sont exacts.

Le calcul politique consistant à interpréter le non cumul des mandats comme une demande de proximité, entraîne une forme de paternalisme local, qui n’encourage en définitive qu’au clientélisme, se traduisant par un état de campagne électoral – étalon des autres calendriers – pour avoir l’air proche, disponible, présent, à observer où se posent les mouches, comme dirait un chercheur de truffes.

Les difficultés de la décentralisation ne seront en aucun cas améliorées par le non cumul des mandats, sans mettre à plat le problème de la professionnalisation et le corporatisme des élus locaux, incités à exploiter les opportunités néo-féodales offertes par le transfert des compétences.

:: Sénatoriales ::
Le 21 septembre, jour des élections sénatoriales, cette question ne pèsera pas lourd dans la balance, comparée à ce qui sera développé d’alliances, d’échanges, de stratagèmes, pour conquérir ou conserver les postes de sénateurs. S’il y a une chance de voir le problème posé en cas de suffrage universel direct, le suffrage indirect par le biais des grands électeurs, garanti à lui seul d’évoquer les intérêts bien compris plutôt que ceux de la démocratisation. Que ne sera pas prêt à « échanger » un Président de Conseil Général (Dordogne?), avec les maires, adjoints, conseillers, exécutifs des EPCI, pour garantir sa reconduction au poste de Sénateur? Et quoi de plus normal au fond?

Ou encore. Que serait la situation d’un candidat à la fonction sénatoriale, maire d’une commune, président d’une communauté de communes, vice président d’un Conseil Général (Dordogne?), s’il était élu ? Notons que la candidature est sérieuse, puisque le soutien proviendrait d’une partie de la droite, celle qui est convaincue de l’échec de son candidat et qui se raisonne à lutter contre l’hégémonie socialiste par un candidat dont les idéaux n’effraient plus depuis longtemps les partisans de l’économie de marché.

Aux élections sénatoriales, il faut comprendre que l’échiquier politique se dessine entre spécialistes du jeu, dont l’idée même de cumul des mandats ne représente pas une variante sérieuse, ni même un coup possible, au plus l’occasion d’un sourire, au mot de Delenda est cumulatio !.

:: Epilogue ::
En somme, lorsque le Président de la République met cette dernière au service des ses amis, usant de la fonction présidentielle comme une marque de luxe ; lorsqu’en province les caciques locaux se congratulent de ce que les mandats servent autant le peuple qu’à devenir des notables ; (lorsque par là même ils s’appliquent à assurer pérennité et continuité de leurs baronnies).

Unique consensus naît d’entre nous, pour inventer une démocratie digne de chacun, que la vénalité et la quête de pouvoir ne font que salir au fil des pages que l’on tourne, la Consitution.