Tranquilles assises périgourdines

Pardon, c’est vrai, je n’y étais pas !

J’y suis allée pourtant, pensant être en retard, à 13 H 45. Personne. L’affiche annonçait pourtant des Assises de la Tranquillité non stop de 9 H à 17 H… Je suis repartie, comme j’étais venue, à pied, me promettant de revenir à vélo. Une fois sur mon vélo, j’ai craqué. Malade la veille, j’ai eu une furieuse envie de profiter du soleil et suis partie en ballade. C’était une occasion de vérifier à quel point la sécurité et l’incivilité régnaient à Périgueux.

Comme un fait exprès

Pas un accrochage, pas une merde de chien, pas une mobylette pétaradante sur la voie verte… Les piétons et les vélos se sont croisés sans heurts, il suffisait d’un petit coup de sonnette… Pas de chien divaguant. Aucun écobuage à l’horizon, pas de fête intempestive ni de tondeuse à gazon, soleil au rendez-vous… Le bonheur. Seule ombre au tableau la guinguette des pêcheurs était fermée et quelques canettes de soda traînaient le long de la voie verte. La ville était belle et tranquille, la Cathédrale, magnifique, au détour du chemin.

J’habitais rue du Séminaire

J’étais aux premières loges du marché de la Clautre. Au début, j’ai fait des bonds quand, à 5 heures, les premiers maraîchers s’installaient, parlant haut -le petit matin porte les sons : les merles le savent, certains marchands l’oublient-. Quand on a eu du mal à s’endormir parce que des étudiants ont fait la fête sur le Thouin jusqu’à point d’heure, la nuit est courte. Certains soirs, je me précipitais à la fenêtre pour râler ! La plupart du temps je laissais tomber et retournais me coucher : il fut un temps pas si lointain, c’est moi qui aurais entendu Manon… ! Comme le temps passe… Bon c’est vrai, dormir la fenêtre fermée quand il fait chaud, supporter les marshmallow dans les oreilles, c’est casse pied. Mais au bout d’un an, le rythme était pris et les plaisirs du centre ville compensaient largement les inconvénients.

C’est la vie

Oui c’est bruyant le marché, mais ce bruit, c’est la vie… Quel plaisir de traverser la Clautre au petit matin quand les « 4 saisons » ne sont pas encore tous installés sur la place, que le murmure des conversations se mêle gentiment au bruit des cageots et des parasols que l’on déplie. Les premiers clients badent, indifférents aux pioupious des volailles encagées. Certains marchands plus matinaux vont boire le café au bar d’en face. C’est comme si le marché sortait du lit en se grattant la tête.

Le monde, mode d’emploi

Le bruit ! Tout le monde a planché sur le sujet. Nous avons un bel arrêté préfectoral [.pdf] et même un guide pour les maires [.pdf] (comme quoi le maire a une grande partie des réponses !)

et rien pour le quidam… Rien de plus rébarbatif qu’un arrêté ! Et si on simplifiait tout ça ? Idendifier, coder, afficher, communiquer en n° vert ou en page spéciale sur le site de la mairie ! Code de la rue, code du bon voisinage… mieux vaut code que contre danse, non ?

Mais que fait la poliiiiice !?

Dommage qu’elle n’ait plus le temps de la pédagogie. Le métier change, dans la police comme dans la gendarmerie. Devenir secrétaire des radars, passer son temps à verbaliser, remplir des objectifs, éloignent des fondamentaux et par conséquent, de la population. En perdant de la proximité, on perd la confiance des gens. C’est ainsi que Les « Forces de l’ordre » ont remplacé « les Gardiens de la paix ».

Mais ils arrivent, les petits hommes verts….

Les hommes se rassemblent dans les villes pour vivre.
Ils y restent ensemble pour jouir de la vie.

Aristote.