Ville de Perigueux, bientôt un nouveau site internet en 2012

A en croire l’ouverture de l’appel d’offre publique, la mairie de Périgueux aura un site internet – un normal– au début de l’année 2012. Il aura fallu 6 mois et pas moins de 12 réunions pour que le comité de pilotage de 13 personnes accouche du cahier des charges délimitant le nouveau service en ligne municipal.

La situation devenait intenable. En ligne depuis 2004, le site n’avait pas bougé. En 2010 le maire avait essayé de faire croire à du nouveau via un pauvre background (photo d’un atelier de maternelles) mais personne n’y avait cru sauf lui. Début 2011, un diagnostic portant sur l’Aquitaine avait envoyé le site de Périgueux dans le fond du classement.

Plus récemment, même la CAP avait refait son site internet. Certes c’est immonde mais au moins il fonctionne. Aussi, bien que globalement indifférente aux enjeux numériques et aux possibilités offertes par les TIC, la mairie de Périgueux n’avait plus trop le choix.

Sans entrer dans le détail, voyons les thèmes présents et absents au cahier des charges. Mais avant d’attaquer, une dernière chose. Il y a d’excellentes agences en Dordogne, qui se sont justement illustrées dans le classement aquitain. Donc espérons qu’il ne s’agisse pas encore d’un marché public vérolé pour « cousins cousines & co »

Entre communication et réalité, le hiatus de la mauvaise foi

L’exemple est parlant. Dans son édition de 2010, le « journal d’information » de la ville titrait « Nouveau look pour le site de la ville » ; se vantant d’un « coup de jeune » qui « met en avant l’investissement de la Ville en matière d’éducation ». Pffff

Le cahier des charges nous invite aujourd’hui à prendre la mesure de la sincérité des propos ci-avant :

Conçu et développé entre 2003 et 2004, le site de la ville n’a subi aucune modification majeure depuis sa création, mis à part quelques aménagements concernant l’accessibilité et l’habillage graphique « de base » (nouveau logo de la ville, background).

Rejoignant nos commentaires de 2010 les rédacteurs confirment :

Il apparaît clairement que l’outil est obsolète au niveau du fond comme du point de vue technique

Du coup, et c’est bien le minimum, la ville se tourne vers des solutions libres et des formats non propriétaires. Libérée des contraintes (absurdes) de Microsoft, Périgueux aura au moins le mérite de s’être émancipée d’une multinationale, au moins une fois, l’exception confirmant pathologiquement la règle.

Référencement naturel et recherche d’information

Ca y est ! L’idée que sans visibilité sur les moteurs de recherche un site internet équivaut à planter un panneau 4×3 au fond d’une champignonnière est parvenue au sommet du service de communication. Nous sommes en 2011, c’est un grand pas.

Sauf qu’en l’espèce le site de la ville occupe confortablement les premières places sur les requêtes qui le concernent. Pas d’effort à fournir si ce n’est respecter les bonnes pratiques en la matière.

Par contre il faudra tenir compte d’une nébuleuse de sites satellites que la mairie veut mettre en place (Maap, Visitation, Bibliothèque, Vesunna, CCAS). S’ils sont bien faits, soutenus par un bon netlinking et profitant de l’autorité du site principal, ils peuvent prétendre à se placer sur la première page Google de la requête « perigueux » et ses variantes.

Autrement dit les places risquent d’être plus chères et il vaut mieux prévoir le coup dès maintenant. Concrètement, cela veut dire pour Rue de la Chouette de passer devant la CAP, l’aéroport, l’IUT de Bordeaux et Sud Ouest pour être tranquille. On en reparle dans 6 mois !

Un grand absent, l’open data

On aurait pu s’attendre à ce que le cahier des charges mentionne des besoins pour interfacer les futurs traitements de données publiques. Il n’en est question nulle part, y compris dans le plan du site proposé par le comité de pilotage.

La communauté urbaine de Bordeaux vient de lancer son portail Open Data et le conseil général de Gironde planche activement dessus de son côté. Dans de nombreuses villes françaises le débat est posé sur la table. A Périgueux RAS.

En 2012, au moment où la municipalité, par manque d’anticipation, se vantera d’un site correspondant aux normes de 2011, elle accusera déjà un lourd retard sur l’évolution de l’administration numérique.

Au contraire de s’inscrire dans une réflexion globale et stratégique sur le déploiement d’un réel service public numérique, ce nouveau site est un coup isolé, juste pour ne pas avoir l’air trop has been le moment venu. Quel dommage.

C’est là une forme de fatalité périgourdine. Etre anachronique sur les évolutions sociétales et technologiques est inscrit dans l’ADN politique local. Il aura fallu 4 années à la municipalité pour se doter d’un site correct.

Combien encore pour prendre à bras le corps la problématique de l’e-tourisme, de la démocratie 2.0 ou encore de l’ouverture des données publiques et leur visualisation ?